JAMMEH, LE LIEUTENANT DEVENU CHEF D’ETAT ASSOIFFÉ DE POUVOIR

Dakar, 20 jan (APS) – Yahya Jammeh, arrivé en juillet 1994 à la tête de la Gambie à l’âge de 29 ans avec le grade de lieutenant, est devenu au fil des années un homme assoiffé de pouvoir.

Né en 1965 à Kanilai, Jammeh est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat contre Dawda Keraba Jawara, exactement le 22 juillet 1994.

Après des études secondaires à Banjul, il s’engage en 1984 dans la gendarmerie. Jusqu’en 1992, il commande la police militaire à deux reprises. Il est marié et père de deux enfants.

Durant 22 années, il dirige la Gambie, petit pays enclavé dans le Sénégal, d’une main de fer, muselant les médias, les opposants et les défenseurs des droits de l’homme.

Son règne est d’ailleurs marqué par des assassinats comme ceux du journaliste Deyda Aïdara et de l’opposant Solo Sandeng. D’autres gambiens prendront le chemin de l’exil. Ses relations avec le Sénégal n’ont jamais été des meilleurs.

A la tête de son parti, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la reconstruction (APRC), Jammeh se fait réélire sans discontinuer depuis 1996.

L’homme qui a troqué depuis longtemps l’uniforme militaire contre le grand boubou blanc, apparaît régulièrement Coran et chapelet à la main et prétend disposer d’un savoir qui lui permet de soigner des pathologies comme le SIDA, l’hypertension artérielle.

Il joue à fond le culte de la personnalité en se faisant appeler Sheikh Professor Alhaji Doctor Yahya Abdul-Aziz Awal Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen Babili Mansa Jammeh.

En mars 2015, la Gambie devient la République islamique de Gambie.

Le 30 décembre 2014, alors qu’il est en déplacement officiel à l’étranger, son régime est victime d’une tentative de coup d’État manquée, perpétrée par un ancien capitaine de l’armée gambienne, Lamine Sané.

En décembre 2016, l’opposant Adama Barrow gagne la présidentielle face à Yahya Jammed qui reconnaît sa défaite puis la conteste une semaine plus tard.

Sous son règne, la Gambie se retire du Commonwealth et procède à des exécutions capitales en 2012.

Le 1er décembre 2016, à la surprise générale, Jammeh est battu à l’élection présidentielle par Adama Barrow, hommes d’affaires inconnu hors des frontières gambienne. Selon les résultats officiels, il a perdu par 36,6 % des voix, contre 45,5% à M. Barrow.

Yahya Jammh accepte les résultats et félicite le vainqueur avant de se rétracter, dénonçant une erreur dans le comptage des voix par la Commission électorale indépendante.

Le 20 décembre, alors à la tête de son pays depuis 22 ans, il annonce son intention de garder le pouvoir après le 18 janvier, date prévue de la fin de son mandat, estimant que "nul ne peut [le] priver de la victoire, à l’exception d’Allah le Tout-Puissant".

Malgré la pression de la communauté internationale et particulièrement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), Jammeh campe sur sa position.

Le 19 janvier 2017, Adama Barrow est investi président à l’ambassade de la Gambie à Dakar et le Conseil de sécurité des Nations unies donne son feu vert à une intervention militaire de la CEDEAO en Gambie pour obliger le président sortant de la Gambie Yahya Jammeh à céder le pouvoir.

Le même jour, l’opération entamée par les forces engagées dans la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (ECOMIG) pour la restauration de la démocratie en Gambie sont suspendues pour donner une chance à la dernière tentative de médiation des président guinéen Alpha Condé et mauritanien Mouhamed Abdel Aziz.

Archipo